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Dans le cadre de différentes actions sur le sujet de la santé mentale, qui pour rappel est déclarée grande cause nationale 2025, la caisse MSA 44/85 a organisé 2 conférences ces 24 et 25 novembre derniers. L’une s’est tenue en Vendée à la Roche-sur-Yon avec pour intervenant Vincent Baud, président de la fondation Projet 4121*

Nous savons que ce sujet n’est pas simple, voir même complexe, mais il nous parait important de vous en faire part. Evoquer ce thème autour du management participatif et bienveillant, peut préparer les échanges futurs, notamment en commission du CSE CAVAC. 

Lors de cette conférence engagée et sans détour, Vincent Baud, ingénieur de formation, ancien manager dans l’agroalimentaire, préventeur sécurité et aujourd’hui auteur – conférencier, a partagé sa vision d’une Qualité de Vie au Travail réellement utile et efficace. Son fil conducteur : “Mettre l’écoute au cœur de l’entreprise pour renforcer la santé au travail, l’engagement et la performance.”


1. Manager autrement : L’écoute comme clé de performance !

Pour Vincent Baud, « écouter, c’est considérer », et c’est aussi le fondement du management participatif.
Il rappelle que les équipes ont besoin de pouvoir parler de leur travail, de leurs difficultés comme de leurs solutions. Mettre en place des routines de dialogue, pratiquer l’écoute active et agir avec les salariés – et non seulement pour eux – permet de :

  • Lever les irritants du quotidien ;
  • Renforcer la confiance ;
  • Éviter la déconsidération, véritable poison de l’engagement ;
  • Donner du sens au travail et donc améliorer la productivité.

Le conférencier insiste : écouter ne signifie pas obéir, mais prioriser et agir avec transparence.
Un management fondé sur la proximité permet d’éviter les postures défensives, d’ancrer les décisions dans la réalité du terrain et de rééquilibrer les priorités sans céder à la pression du court terme.

2. Replacer les 3 dimensions de la santé au travail sur un pied d’égalité !

S’appuyant sur les définitions de l’OMS, de l’OIT et du Code du travail, Vincent Baud rappelle que la santé au travail est à la fois physique, mentale et sociale.
Or, dans les entreprises, seule la dimension physique bénéficie encore d’un traitement systématique.
Les chiffres récents montrent pourtant une hausse alarmante des atteintes à la santé mentale : entre 2017 et 2024, les indemnités liées aux arrêts de travail ont augmenté de près de 60 %, largement tirées par les troubles anxieux, la dépression ou le mal-être au travail. Pour agir efficacement, les entreprises doivent :

  • Mesurer la santé mentale et sociale (absentéisme, turnover, conflits, faits d’incivilité, etc.) ;
  • Questionner l’organisation du travail, la charge, les blocages, les dysfonctionnements, … ;
  • Écouter le vécu des salariés, indispensable pour comprendre l’impact réel d’un événement, d’un changement ou d’une situation à risque.

La fondation Projet 4121 milite d’ailleurs pour l’intégration explicite de l’écoute dans les obligations légales de prévention de l’employeur.

3. QVT : Sortir des gadgets pour revenir à l’essentiel !

Vincent Baud alerte sur une dérive trop fréquente : la QVT utilisée comme « cache-sexe des RPS », où les babyfoots et espaces détente servent de façade à des organisations de travail restées inchangées.

Pour lui, la QVT doit être abordée de manière globale, à travers quatre dimensions :

  1. Technique : Les outils et conditions matérielles de travail ;
  2. Organisationnelle : Objectifs, moyens, compréhension du travail, écoute ;
  3. Relationnelle : Qualité des interactions entre collègues, managers, clients ;
  4. Conjoncturelle : Projection dans l’avenir, stabilité, confiance dans l’entreprise.

Sans prise en compte de ces composantes, toute action QVT risque de n’être qu’une « bonne idée » superficielle, sans impact sur la santé des salariés ni sur la performance.

Conclusion : écouter – évaluer – agir, un triptyque pour transformer durablement

À travers les retours d’entreprises ayant appliqué sa méthode, Vincent Baud affirme que l’écoute active est un puissant levier de performance, d’attractivité et de prévention.
Elle permet de réduire les risques, d’améliorer le climat social et de renforcer la confiance.
Pour cela, les entreprises doivent arrêter de traiter uniquement ce qui se voit et intégrer pleinement les dimensions mentale et sociale du travail.

*La fondation Projet 4121 propose d’ailleurs des outils, méthodes et référentiels disponibles en ligne pour accompagner ces transformations. Lien de la fondation pour aller plus loin : Projet 4121

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