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Ce 6 novembre, la CFDT CAVAC a fait part à la direction qu’elle ne participera plus aux travaux sur la classification des emplois. Nous avons également informé que la CFDT ne sera signataire d’aucun accord sur le sujet avant le 31 décembre de cette année.

Attention, cela ne veut pas dire que la classification conventionnelle, signée entre les partenaires sociaux au niveau national en 2019, ne s’appliquera pas à la CAVAC, bien au contraire.

Les différents travaux avaient amené la délégation CFDT à faire des concessions qui devaient être compensées. Le 16 octobre, en sortant de la réunion avec la direction, nous avons très vite compris que les 3 dernières réunions programmées d’ici la fin d’année ne permettraient pas de travailler efficacement et contentieusement sur ces contreparties. 

Au 1er janvier 2026, la CAVAC devra mettre en place la classification des emplois et vous informer au minimum de :

  • L’intitulé de votre emploi auquel la CAVAC vous a rattaché. Ce dernier peut éventuellement être votre nouveau nom de poste. En effet, un même emploi peut contenir un ou plusieurs postes de nature équivalente.
  • Du contenu de votre fiche emploi. Vous recevrez ou vous aurez un accès à la fiche qui vous concerne pour que vous puissiez faire vos vérifications. Seul bémol, et c’est l’un des désaccords avec la direction, ces fiches emplois sont incomplètes et ne pèsent que le niveau d’entrée (mini de l’emploi). La branche proposait de déterminer des niveaux intermédiaires ou supplémentaires qui permettaient d’évaluer plus précisément l’évolution dans l’emploi. Important, vous pourrez demander des explications. 
  • La Classe et l’Echelon auquel votre emploi est pesé. Cela vous permettra de vous situer et de vous comparer par rapport aux autres emplois CAVAC. C’est une information importante à connaître, notamment lorsqu’on envisage évoluer professionnellement. 
  • De connaître votre catégorie socioprofessionnelle (CSP). A partir de votre bulletin de paie vous pourrez vérifier si vous êtes Ouvrier – Employé, Technicien – Agent de maîtrise, ou Cadre. Nous avons constaté que certains salariés ne connaissaient pas la CSP à laquelle il était rattachée. Cela est utile pour connaitre ses droits. Demain, à partir de votre fiche de paie, tout sera plus clair. 
  • De connaître votre rémunération annuelle garantie conventionnelle (RAG), soit le minimum conventionnel pour votre emploi. A partir de 2026, vous pourrez vérifier si la CAVAC respecte cette obligation. 

Bien évidemment, conformément aux recommandations de la convention collective nationale (CCN), un accord d’entreprise aurait été préférable et aurait permis d’aller plus loin sur les engagements et la transparence. Mais pour aboutir à un accord, il faut une volonté réciproque.  

Il est important de dire que, si la CAVAC ne revisite pas sa copie et qu’elle reste sur une pesée mini d’entrée en emploi, on peut estimer que 60 % des Agents de Maîtrise actuels pourraient se voir passer en CSP Employés et peut-être 10 %, 15 %, voire plus, des Cadres, se voir passer en Agents de Maîtrise. Cela ne changera rien à leur salaire, mais on peut imaginer que ce ne sera pas bien perçu. Par ailleurs, cette évolution significative de la répartition des ses CSP apparaitra probablement dans les comparaisons sociales, faites annuellement par Coop de France. Cela ne donne pas une belle image de la CAVAC. Comment se justifier face aux autres coopératives. 

On vous explique pourquoi la CFDT CAVAC a décidé de sortir de la négo et de ne pas signer d’accord en 2025 !

Le calendrier prévoyait trois dernières réunions avant le 31 décembre, pour clôturer les travaux et aboutir à un accord. 

La section CFDT avait très tôt, avant même la signature de l’accord de branche en 2019, témoigné de son intérêt pour ces travaux de classification. Elle avait vu en sa mise en place un outil de cohésion sociale, permettant à chaque salarié de positionner son emploi par rapport aux autres et de donner de la visibilité pour ceux qui souhaitent évoluer dans leur emploi ou envisager une mobilité sur un autre emploi. Il faut aussi rappeler que la classification est un très bon outil pour lutter contre les discriminations et travailler en faveur de l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes. On sait qu’à la CAVAC, sur ce dernier sujet, il reste encore des efforts à faire et le dernier bilan social de 2024, fait le constat que cela ne va pas dans le bon sens. 

Une absence de volonté de la part de la CAVAC

Nous avons rapidement, dès les premières réunions en 2021, compris que cet objectif n’était pas partagé. Nous n’avons pas été totalement surpris par cette attitude, par rapport aux pratiques CAVAC antérieures, notamment en lien avec l’accord de 2007. Seule la filiale CDSA (Gamm Vert) avait fait l’objet d’un accord. Plus globalement, les emplois repères de la branche n’ont jamais été repris dans les intitulés CAVAC.

Depuis la signature en 2019, malgré la participation de représentants CAVAC à la construction de l’accord national (représentants employeur et salarié), le refus de s’accorder sur la méthode en 2021, en considérant qu’on n’avait pas besoin de cadre pour travailler, nous a conforté sur le principe que la mise en application serait difficile.

Les propositions CAVAC, à deux reprises, d’un accord salaires en décembre 2023, accord qui ne faisait aucunement référence aux critères classants, un second en juin 2024 qui reprend à minima des mots en lien avec la classification, mais sans respecter l’accord de branche, ont confirmé notre sentiment.

Pour terminer, voyant l’échéance d’application s’approcher à grand pas et en cohérence avec les recommandations nationales de l’avenant 132 du 10 juin 2021, la direction CAVAC a proposé à nouveau un projet de méthode, en janvier de cette année, en proposant une nouvelle version de l’accord n°56, mais qui se résumait à la mise en place d’un calendrier accéléré de réunions.

Nous sommes convaincus que sans l’avenant n°136 du 29 novembre 2023, qui introduit une date limite de mise en œuvre des dispositions de l’accord au 1er janvier 2026, nous n’aurions aucunement avancé.

Des efforts à sens unique qui ne peuvent que desservir l’intérêt des salariés

Le 30 janvier de cette année 2025 la CFDT CAVAC a manifesté son souhait de parvenir à un consensus, en renonçant sous conditions à déterminer des niveaux. Cette concession devait s’accompagner d’un travail parallèle sur l’évaluation de critères, propres à la CAVAC, afin de compléter la classification de branche et mieux comprendre la grille de lecture des rémunérations CAVAC.

Or, lors du dernier rendez-vous, le 16 octobre 2025, nous avons bien compris que ce travail ne serait pas engagé. La direction a exprimé sa satisfaction quant à sa propre politique salariale actuelle. La CFDT considère qu’un ressenti sans fondement factuel, ne peut pas répondre à l’objectif de cohésion sociale.

Par ailleurs, la détermination d’un seul emploi d’entrée, n’était pas pour la section CFDT un renoncement au respect des catégories objectives (CSP) répertoriées en 2019 par l’avenant n°129 du 5 novembre 2019. Cet avenant, signé dans la continuité de l’accord de classification, ratifie une nouvelle grille de rémunération annuelle garantie (RAG), avec un positionnement, en guise de clarification, des catégories socioprofessionnelles (CSP). Les propositions CAVAC successives n’ont eu que pour seul objectif de déroger à cette obligation conventionnelle. Ceci, malgré notre ouverture avec la suggestion d’une clause dite du « grand-père », qui n’était pas suffisante pour la direction. Tous ces signaux nous ont totalement convaincus que les dernières réunions programmées en novembre et décembre viseraient à enterrer le principe de la classification à la CAVAC.

La CFDT restera vigilante sur l’application des accords et avenants

Notre position, exprimée dans le mail adressé à la direction le 6, confirmée à nouveau par mail le 12 et en réunion le 17 novembre, ne constitue en aucun cas un renoncement CFDT à faire appliquer les principes de l’accord de branche à la CAVAC. La CFDT sera particulièrement vigilante sur le sujet, comme nous l’avons déjà exprimé dans nos communications syndicales CFDT avec la Note Infos du 23 mai 2024, mais aussi celle du 12 juin 2025.

Pour autant, la CFDT a informé qu’elle restera ouverte à retravailler sur le sujet en 2026, à condition que le cadre proposé soit conforme à l’esprit des textes (transparence, équité, égalité hommes/femmes, GEPP-GEPC, …). Ceci, lorsque la CAVAC le souhaitera, mais ce travail devra reposer sur un engagement sincère, non dicté par un simple impératif de calendrier.

Aussi, si la CAVAC ne respecte pas le cadre imposé par la convention collective des coopératives agricoles de céréales, de meunerie, d’approvisionnement, d’alimentation du bétail et d’oléagineux, la CFDT, en recours, pourra saisir la commission paritaire permanente de négociation, d’interprétation et de conciliation (CPPNIC).

La classification n’est pas contraire au principe d’efficacité économique des entreprises

Nous concluons cet article sur le fait que la mise en place d’une obligation légale, comme la classification, qui s’adresse à toutes les entreprises de plus de 50 salariés du même secteur, n’est aucunement un frein à l’efficacité économique. Nous pourrions très facilement trouver des arguments pour le prouver. Par exemple, nous avons constaté que certains salariés CAVAC perdent en motivation, entrent en conflit avec leur hiérarchie, voire démissionnent, faute de clarté entre leur statut, les exigences métier et leur rémunération.

La signature des représentants du personnel constitue, selon la CFDT, un gage d’efficacité et de cohérence sociale au sein de l’entreprise. Une coopérative n’est pas une entreprise comme les autres. Elle bénéficie d’avantages concurrentiels. Plus généralement, une entreprise qui ne saisit pas les opportunités venant des changements de réglementation (accords de branche, directives européennes, …) des transitions à venir (réchauffement du climat, attentes sociétales, nouvelles technologies, …), met en danger sa propre durabilité. Le comportement de la direction sur ce sujet de la classification ne peut que nous inquiéter sur la gestion globale des défis futurs qui sont à relever !

Pour compléter votre information sur le sujet, qu’est-ce la classification et à quoi ça sert ? quels sont les critères classants ? que faut-il en attendre ? …, nous vous rappelons que la CFDT CAVAC a créé une page permanente dédiée pour tout vous expliquer : J’accède à la page Classification

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